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27/08/2018 Comments (0) Views: 100 Architecture

Comment les universités deviennent de « vastes bâtiments high-tech »

Quelle est la recette miracle pour former des Steve Jobs en puissance ? Investir dans des environnements innovants pour encourager l’enseignement, la créativité et le génie. Focus sur les locaux les plus hype pour stimuler l’innovation.

En Europe, on est loin du modèle de la Silicon Valley californienne, qui doit son succès aux interactions permanentes entre grandes universités, start-up et multinationales. Mais sur les campus qui visent l’innovation, on se rend de plus en plus compte qu’au lieu de construire des établissements « bunkerisés », il vaut mieux privilégier de véritables synergies. En poussant, par exemple, les grandes écoles, les organismes de recherche et les industriels à jouer enfin collectif… jusqu’à cohabiter sous un même toit. Aux États-Unis, on parle d’« effet cafétéria » pour évoquer ces lieux où les universitaires, les chercheurs et les ingénieurs se rencontrent de manière informelle, avant d’échanger leurs idées puis de collaborer.

Si les grandes légendes de la Silicon Valley commencent dans des garages d’adolescents (Steve Jobs, Bill Gates…), celle de la création sur les campus commence au bâtiment 20 de l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT). Construit dans l’urgence à la fin de la Seconde guerre mondiale, ce bâtiment « provisoire » qui ne respectait aucun des codes de construction et possédait de multiples défauts, a connu une affluence d’étudiants sans précédent. Cet ensemble de bureaux improvisés a forcé des chercheurs travaillant sur des domaines sans rapport entre eux à cohabiter, à discuter, à échanger des informations. Résultat : ces rencontres fructueuses ont donné naissance à bon nombre des technologies du XXe siècle. Les premiers jeux vidéos, la physique des micro-ondes, les théories linguistiques de Noam Chomsky, etc.

Une « Silicon Island » à New York

Aujourd’hui, les universités rêvent de reproduire cette émulation de créativité, où l’important est de mélanger les disciplines pour qu’elles se complètent. Sur Roosevelt Island, petite île de trois kilomètres de long située entre Manhattan et le Queens, le campus de Cornell Tech vise à « faire revenir New York vers le futur ». Financé et conçu sous l’ancien maire Michael Bloomberg, ce premier campus « construit pour l’ère numérique » arbore d’élégants locaux futuristes répartis sur un terrain de 5 hectares cédés pour 99 ans par la Ville de New York, des espaces verts avec vue imprenable sur Manhattan, un gratte-ciel de 26 étages pour les loger qui consomme 70 % d’énergie de moins que les bâtiments traditionnels. Tout est beau, clinquant, fait pour stimuler. Sur ce campus, les étudiants peuvent créer leur propre start-up et côtoyer, par exemple, des salariés de Google ou de Facebook. Le Département du commerce y a également un bureau sur place, pour que les étudiants puissent y déposer leur brevet. Cornell Tech abrite aujourd’hui environ 400 étudiants en master et doctorat. A terme, quand les chantiers seront terminés – des travaux sont prévus jusqu’en 2037 –, le campus espère en accueillir près de 2000.

Un peu plus au nord, à Toronto, le Bergeron Centre for Engineering Excellence est aussi équipé de locaux à la pointe « de l’innovation ». Dans cette université d’un nouveau genre, pas de salles de classes classiques. Mais des espaces où les étudiants, enseignants et chercheurs se côtoient, dans des salles modulables et multi fonctionnelles. « En supprimant les barrières, cette abondance d’espaces sociaux crée des opportunités pour l’interaction spontanée des professeurs et des étudiants, voire l’émergence de nouvelles idées », explique le cabinet ZAS Architects. Quant aux grands espaces de passages, comme les entrées ou les escaliers, ils sont pensés comme des lieux de rencontres et d’émulation. « Ça vous fait penser à la Silicon Valley ? C’est fait pour », assurent les architectes qui explicitent la pensée de ces universités 2.0 : « évoluer dans de vastes espaces interactifs favorise la pensée globale; vivre dans des boîtes favorise la pensée confinée ».
Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=h-_r70f4joE

  • © ZAS
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