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Un vitrage intelligent à Tour & Taxis

Comment les universités deviennent de « vastes bâtiments high-tech »

23/08/2018 Comments (0) Views: 124 Architecture

L’acupuncture urbaine de Saragosse

Issu de la crise espagnole et du chômage, un projet combine une réflexion architecturale de réhabilitation et de réappropriation des espaces vides et « en jachère » de la ville. Un nouveau concept pour soigner l’espace urbain.

Intervention is all about revitalization, an indispensable way of making an organism function and change.
Jaime Lerner, Author of Urban Acupuncture

Les espaces publics sont le cœur et le pouls d’une ville, qui vibre au rythme de la vie qui s’y déploie. Dans ces espaces se croisent tous les enjeux clés de la cité: gouvernance, gestion des flux, exclusion, démocratie locale, écologie, accessibilité. À Saragosse, en Espagne, une des villes les plus durement frappées par la crise de 2008, un groupe d’architectes, d’organisations citoyennes et différents services de la municipalité ont lancé EstoNoEsUnSolar (dont la traduction pourrait être « ceci n’est pas un terrain vague »). Un programme pour transformer plusieurs espaces inutilisés de la ville en un réseau d’espaces publics.

L’initiative, inspirée en partie de l’acupuncture urbaine, a permis de créer des centaines d’emplois et de reconvertir des espaces urbains vides ou inutilisés en espaces publics attractifs pour les habitants. Plus de 60 associations de quartier se sont mobilisées, permettant à 33 sites de renaître à la vie. Soit de transformer des terrains abandonnés de plus de 42.000 m2 en plexus de vie communautaire susceptibles de redonner vie à toute une ville. Un des principaux postulats du programme étant qu’il s’agissait de « découvrir des espaces qui pourraient devenir des lieux », confie Patrizia di Monte, Partner d’un cabinet d’architectes qui a participé à cet effort de transformation.

Revitaliser la ville en appuyant sur des points particuliers

Qu’est-ce que l’acupuncture urbaine? Une théorie urbaine selon laquelle la ville est « un organisme vivant » (ou plutôt un corps malade) sur lequel on peut pratiquer de la médecine douce en appuyant sur des points névralgiques ou zones géographiques. Autrement dit: il est possible de réaliser des projets de proximité, non budgétivores, avec de multiples retombées à long terme, en exploitant des espaces résiduels peu ou pas utilisés (terrains vagues, friches industrielles, dents creuses, délaissé de voiries…) pour les reconvertir en terrains de sport, jardins publics ou aires de jeu.

Depuis l’antiquité, l’allégorie du corps est utilisée pour concevoir la ville. D’ailleurs, la sémiotique de la ville emprunte de nombreux termes à la médecine: les artères, les centres névralgiques, les flux, le cœur ou le poumon. Le système sanguin peut être assimilé au système circulatoire qui transporte les citadins vers les différents organes selon leurs fonctions (logement, travail, loisirs…). Si aujourd’hui, une ville comme Bruxelles souffre, c’est qu’elle manque de poumons (espaces verts), de centres névralgiques (pôles multimodaux), de systèmes sanguins efficaces (transports), de cœur (activités économiques) ou de cerveau (administrations et centres culturels).

Or, une ville a sa propre dynamique, elle grandit, se développe, consomme et produit des déchets indépendamment des politiques d’aménagement. L’intérêt de l’acupuncture, c’est qu’elle peut stimuler certaines zones précises du corps et renforcer le système immunitaire de l’ensemble de l’organisme traité. En clair, en opposition à la « chirurgie invasive », pratiquée comme la politique des grands projets coûteux et consommateur d’espaces, l’acupuncture urbaine propose une thérapie douce avec de petits équipements de proximité écologiques, sociaux et économiques.

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