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Imaginer les villes de demain avec des recettes d’hier

Le Covid-19 pourrait avoir des impacts positifs sur la...

20/04/2020 Comments (0) Views: 262 Autres, Immobilier

Le cloud va-t-il remplacer le bon vieux desk ?

Après plusieurs semaines de télétravail pour cause de crise mondiale, ils seront sans doute nombreux à y trouver leur compte. Flexibilité, gain de temps, économies d’énergie et effet durable sur l’environnement… L’avenir sera-t-il aux e-bosseurs ? Le cloud va-t-il devenir l’outil professionnel numéro un ?

Il n’a pas fallu attendre le Covid-19 pour que de nombreuses études voient le jour sur l’impact environnemental du travail à domicile. Qu’il s’agisse d’émissions de gaz à effet de serre, de consommation d’énergie, de dépendance aux énergies fossiles, de pollution de l’air ou de production de déchets non recyclables, le constat est souvent unanime : en travaillant à la maison, on préserve nos villes, nos campagnes et notre bonne vieille terre. Mais l’impact n’est pas qu’environnemental, car le télétravail permet par exemple un meilleur équilibre entre la vie professionnelle et familiale, notamment chez les parents – pour autant qu’ils soient équipés et organisés : en effet, il est loin d’être évident de concilier télétravail et vie de famille lorsque les jeunes enfants sont à la maison.

Des chiffres éloquents 

Glassdoor, une plateforme d’offres d’emplois française, a réalisé fin mars une enquête suite au rapatriement de la quasi-totalité des Français chez eux. Il en ressort que 79% des sondés se déclarent favorables au télétravail et que 56% estiment que la situation actuelle permettra un assouplissement à long terme des politiques de télétravail. A l’inverse, 15% des personnes interrogées estiment qu’ils ne pourraient pas réaliser leur travail à distance. Interpellant, révélateur : quand on demande aux sondés de lister les distractions possibles durant les heures de télétravail, 39% citent la famille et les enfants, 34% la télévision et 11% en profiteraient bien pour faire … une petite sieste.

Le consultant Gartner a quant à lui interrogé des CFO sur l’impact du télétravail sur leurs activités : 90% d’entre eux sont confiants dans le fait qu’une clôture comptable pourrait très bien avoir lieu à distance. Un quart des répondants pensent par ailleurs déjà à convertir 20% de leurs effectifs en télétravailleurs. Par contre, 13% seulement d’entre eux ont réduit leurs dépenses immobilières.

Le chiffre le plus étonnant : un opérateur de bureaux flexibles a interrogé des Français et a pu en déduire que 89% des travailleurs interrogés n’avaient jamais encore pratiqué le télétravail avant le confinement actuel. La raison la plus communément avancée étant qu’ils ne disposaient pas, à la maison, d’une pièce dédiée au travail ou d’un équipement suffisant.

Présentiel ou pas présentiel ?

C’est le mot du mois. Ce néologisme, qui implique un fonctionnement « en personne » par opposition à un travail à distance ou virtuel, est mis à toutes les sauces depuis que la terre entière est rentrée bosser à la maison. Entière ? Que non : certaines fonctions sont moins faciles à effectuer à distance que d’autres. Certains commentateurs craignent par exemple une inégalité devant le télétravail entre les « cols blancs » et les « cols bleus », qui occupent des fonctions plus manuelles et pratiques. Tous les travailleurs ne sont d’ailleurs pas partout logés à la même enseigne. Ces différences sont parfois accentuées selon les régions (urbaines ou rurales), les pays ou les continents. Un exemple simple de ces disparités : l’accès à un internet rapide, qui est loin d’être une réalité pour tous les travailleurs.

On commence seulement à imaginer les effets qu’aura cette poussée du télétravail sur le monde de l’entreprise et de l’administration : aux USA, certains groupes présents au Congrès envisagent de décentraliser (et de digitaliser) certains travaux législatifs ; d’autres militent pour un développement du vote par courrier électronique sécurisé ; tout le monde académique regarde avec intérêt l’impact de la crise sur l’enseignement à distance…

Françoise Leroux, psychologue et psychothérapeute

Gérer sa liberté

Françoise Leroux, psychologue et psychothérapeute systémicienne bruxelloise, estime que « pour que le télétravail s’installe durablement, il faudra que les gens arrivent à gérer cette liberté, qu’ils aient un peu d’autodiscipline et de contrôle. Du côté de la hiérarchie et des organisations, cela impliquera également des formations, une nouvelle manière d’envisager le management. Personnellement, je trouve cette formule idéale, mais plutôt à temps partiel, car la distance nuit parfois au relationnel dans l’entreprise ».

Reste évidemment à savoir comment cette tendance majeure va évoluer une fois que l’économie aura redémarré. Susan Athey, professeure d’économie à la Stanford Graduate School of Business, a déclaré au Washington Post que « les gens ont changé leurs habitudes, et certaines de ces habitudes vont perdurer après la crise. Pour toute une série de choses, les évolutions sociétales sont très lentes. La crise a accéléré ces changements ». On peut donc imaginer qu’il y a une probabilité pour que la pratique s’installe durablement. Il est sans doute plus probable encore que cette crise aura mis en regard l’utilité d‘un espace favorisant la concentration pour un certain type de travail, avec l’indispensable nécessité de présence physique pour les être sociaux que nous sommes.

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