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20/04/2020 Comments (0) Views: 291 Architecture, Autres, Immobilier

Le Covid-19 pourrait avoir des impacts positifs sur la gestion des villes

À côté des efforts surhumains qui sont déployés pour juguler la pandémie, certains penseurs, architectes et urbanistes américains avancent quelques idées sur les conséquences positives que pourrait avoir le Covid 19 sur les grandes villes outre-Atlantique.

Urban resilience

Une catastrophe, naturelle ou humaine, suscite immanquablement dans les grands ensembles urbains une réflexion, des leçons à tirer des grands événements qui les ont affectés. Il s’agit de rebondir, d’aller de l’avant, de manière créative et audacieuse.

The Big U, l’incroyable projet de digue de 10 kilomètres de long, destinée à protéger Manhattan de la montée des eaux. © Bjarke Ingels Group

C’est ce que l’urbaniste américain Michael Berkowitz appelle « la résilience urbaine ». Quelques exemples : il aura fallu l’ouragan Katrina pour que New Orleans repense sa gestion des eaux, avec un système de digues largement inspiré du modèle hollandais. Suite à divers épisodes d’inondation, la ville de New York planche depuis quelques années sur une ambitieuse digue verte (the Big U) destinée à protéger tout le bas de l’île d’une future montée du niveau de la mer.

En bas de chez soi…

Outre ces travaux pharaoniques, on note déjà, au quotidien et à échelle humaine, des modifications dans la manière dont les villes sont déjà en train de modifier l’usage de leur espace public, suite à la pandémie. Dans les grandes villes à forte densité de population, la rue est bien souvent le seul espace à l’air libre dont les citoyens disposent encore actuellement. Certaines agglomérations américaines, comme Portland, Philadelphie et New York ont déjà décidé de réduire la circulation automobile sur certains axes, afin de permettre aux citoyens de s’y aérer, d’y faire du vélo et, pour les plus jeunes, de pouvoir y jouer. Le tout en respectant, bien entendu, les consignes de distanciation sociale.

Certains transports publics sont déjà gratuits, afin de faciliter la mobilité et de réduire les manipulations d’argent et d’automates. À Boston, la ville a automatisé les feux de signalisation, afin que les piétons ne doivent plus pousser sur le bouton pour demander le passage.

Concernant les parcs urbains, il semble y avoir deux écoles : certains sont fermés, car pris d’assaut par les habitants en mal d’espaces verts. Mais d’autres voix, telle celle d’Alexandra Lange, qui écrit sur l’architecture pour le site Curbed, explique que les parcs sont suffisamment grands pour accueillir la foule ET respecter les distances réglementaires. « D’habitude, explique-t-elle, les gens vont dans les shopping malls pour se dégourdir les jambes. Espérons qu’après la crise, ils garderont cette bonne habitude d’aller au parc et que les pouvoirs publics investiront dans les infrastructures vertes ». Des scientifiques soulignent par ailleurs l’effet bénéfique qu’ont les espaces verts sur le mental des populations (le « forest bathing » ou immersion dans les espaces verts, qui réduirait notamment le stress), mais aussi les bienfaits pour la condition physique, l’exposition à la lumière…

Toujours concernant les espaces publics, certaines grandes villes planchent déjà sur la suite : comment les théâtres, les cinémas, les amphis d’université et les stades vont-ils redémarrer ? Il faudra revoir la jauge, afin que les visiteurs puissent conserver une certaine distance entre eux.

Le monde professionnel se mobilise aussi

Architectes, entrepreneurs et designers ne sont pas en reste. Le site Construction Dive, destine aux professionnels de la construction, a mis au point une carte interactive qui signale si les chantiers sont à l’arrêt ou continuent.

Lesquels professionnels pensent également, à l’avenir, à développer des technologies permettant de limiter le nombre de travailleurs présents physiquement sur un site. On parle ici de drones monitorant des chantiers, de livraisons automatisées ou de systèmes perfectionnés de téléconférence.

L’analyste financier Moody’s a par ailleurs souligné la grande dépendance des grandes industries américaines aux produits d’importation, et encouragé les grands acteurs du secteur à envisager à l’avenir de se fournir localement pour moins dépendre des importations et de leurs aléas.

Une myriade de bonnes idées

  • Le gouverneur de l’état de New York a commandé l’élargissement des trottoirs dans certains quartiers commerçants, afin de permettre que, une fois le retour à la normale, les badauds puissent garder une distance de sécurité ;
  • De grands centres de congrès comme le Javits Center de New York ont été mis à la disposition des services de santé pour en faire des centres de soin temporaires ;
  • La start-up humanitaire Jupe a mis au point des « chambres d’hôpital pop-up », dont le prix est 30 fois inférieur à celui d’une chambre d’hôpital « normale ». En outre, ces chambres en kit peuvent être acheminées rapidement vers les localités qui en ont besoin : plus besoin de déplacer les malades, c’est l’hôpital qui accourt.

    Le module de chambre d’hôpital en kit développé par la startup humanitaire Jupe. © Jupe Health Medical

  • D’autres encore envisagent la création de monnaies locales pour soutenir l’économie de circuit court, ou bien la remise en état de certaines friches afin de réamorcer le sentiment de vivre-ensemble dans les quartiers…
  • Enfin, une association américaine a imaginé une plateforme grâce à laquelle elle met en relation des personnes ne pouvant sortir de chez elles (pour raisons de santé) et une armée de volontaires prêts à aller faire leurs courses.

On le voit, les défis sont nombreux, l’imagination au pouvoir et la créativité bouillonnante !

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