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Ceci n’est pas un pipeline

27/06/2019 Comments (0) Views: 165 Architecture

Qui était l’architecte sino-américain Ieoh Ming Pei ?

On lui doit la célèbre pyramide du Louvre. Mais Ieoh Ming Pei, qui vient de s’éteindre à 102 ans, avait imposé une certaine idée de la modernité et du classicisme dans des projets audacieux aux États-Unis, au Japon, à Hong Kong et au Qatar.

Le Louvre vient de fêter les 30 ans de sa Pyramide. Un bâtiment devenu un emblème du musée, mais aussi de l’œuvre de Ieoh Ming Pei, mort à 102 ans, jeudi 16 mai, à New York. Tout au long de sa carrière, l’architecte américain d’origine chinoise n’a cessé de concilier la modernité de son art avec les spécificités culturelles et historiques de ses réalisations.

Ieoh Ming Pei est né à Canton, le 26 avril 1917. Fils d’un banquier, il était le descendant d’une vieille famille de Suzhou, petite ville sillonnée de canaux proche de Shanghai. Fasciné par la prouesse technique déployée dans la construction des gratte-ciel fleurissant à Shanghaï, dans les années 1930, et attiré par l’Amérique aperçue dans les films de Bing Crosby, il suit, en 1935, une formation d’ingénieur au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où il obtient son diplôme en 1940, avant d’étudier à Harvard. « J’étais l’élève de Gropius, théoricien du style international, pour qui l’industrialisation allait obliger l’architecture à être la même partout, expliqua-t-il dans Le Monde. Mais j’estime que l’architecture doit refléter les modes de vie particuliers, l’histoire et la culture. Universalité ne veut pas dire uniformité. »

  • Pei - Biosphere 2 Campus
  • Pei-Centro de Ciencia Macao - Diego Delso
  • Pei - Deutsches Historisches Museum - Berlin - Mitte Damacar
  • Pei - Louvre Pyramid
  • Pei - Museum of Islamic arts - Shahin Olakara
  • Pei - Rock and roll hall of fame - Tysto

Retour vers le futur

Après plusieurs immeubles de bureaux et de logement marqués par la rigueur orthogonale du mouvement moderne, I.M. Pei, naturalisé américain, crée sa propre agence en 1955, dans laquelle il développe une approche plus personnelle : il met l’architecture moderne au service des patrimoines les plus anciens en dessinant des formes géométriques dont les matériaux sont choisis et mis en œuvre avec soin.

La production de l’agence a classé l’architecte parmi la nouvelle génération des modernes. Surtout, des réalisations comme l’Everson Museum of Art de Syracuse, en 1968, ou l’aile est de la National Gallery de Washington, dix ans plus tard, ont révélé son goût pour les volumes géométriques puissants et son sens de l’épure. « Pourquoi utiliser deux traits quand un seul suffit ? », interrogeait-il. Alors qu’il recevait en 1983 le prix Pritzker, il précisait encore : « L’architecture est un art pragmatique. [Elle] doit être fondée sur la nécessité. Pour moi, la liberté d’expression consiste à évoluer entre les limites que je fixe pour chacun de mes projets. »

Stararchitecte

Pour la bibliothèque dédiée à John Kennedy (1979), la veuve du président le choisit car, selon elle, « le meilleur de Pei est à venir ». Il propose d’abord une pyramide de verre – déjà ! – mais finit par construire une tour triangulaire en béton. Dès lors les commandes affluent. Après avoir vu l’extension de la National Gallery de Washington (1978), François Mitterrand lui propose de travailler sur le Grand Louvre. On se souvient de la polémique que déclencha le projet de pyramide, nouvelle porte d’entrée du musée coiffant le hall d’accueil en sous-sol. Mais Pei tient bon, cachant derrière sa parfaite courtoisie une grande fermeté.

Lauréat du Pritzker en 1983, il prend sa retraite en 1990, mais continue à travailler sur plusieurs bâtiments. Quant à son côté chinois, Pei ne l’a jamais oublié. Il a réalisé divers projets dans son pays natal, ainsi qu’à Taiwan et Hong Kong. En 1989, la tour aux façades à triangles de la Bank of China – institution que son père avait dirigée dans les années 1930 – devait devenir un édifice emblématique de ce qui était alors encore un territoire britannique. Avec le Musée d’arts anciens inauguré en 2006 à Suzhou, Ieoh Ming Pei dédia l’un de ses tout derniers projets à son berceau familial. Encore une revanche du passé…

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