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Redonner vie aux cathédrales industrielles désertées

L’invest bat tous les records en 2018

04/03/2019 Comments (0) Views: 132 Architecture, Environnement, Immobilier

Vivre en forêt en plein centre-ville

À l’image des tours du Bosco Verticale, à Milan, l’architecture se couvre d’arbres, jusqu’à camoufler les bâtiments. Les projets de forêts verticales sont-ils une solution efficace pour lutter contre le réchauffement climatique ? Exemple à Utrecht, aux Pays-Bas.

Une forêt qui s’enroule comme un ruban jusqu’à 90 mètres de hauteur autour d’un gratte-ciel de verre : plantée de quelque 10.000 végétaux de 1.000 espèces différentes, la Hawthorn Tower, dessinée par l’architecte italien Stefano Boeri, doit s’élever dans le quartier de la Jaarbeurs, juste à côté de la gare d’Utrecht.

Son modèle: le Bosco Verticale (« forêt verticale »), deux tours de logements inaugurées en 2014 à Milan, en Italie, par le même architecte. Mélèzes, cerisiers, pommiers, oliviers, hêtres… « Ces deux tours sont un prototype, il faudra encore quelques années pour en mesurer tous les effets, mais elles ont permis que ce concept soit enfin pris au sérieux », se félicite l’architecte milanais. M. Boeri et son équipe travaillent aujourd’hui sur une dizaine de projets de Bosco Verticale dans le monde : Eindhoven, Lausanne, Paris, Nanjing, Shanghai, Sao Paolo, Tirana…

À Utrecht, la construction de la Hawthorn Tower débute cette année et sera terminée en 2022. De vrais arbres seront plantés sur les balcons, tandis que les façades seront entièrement recouvertes de feuilles. Les façades de cette tour comprendront plus de 360 arbres et 9.940 arbustes ou fleurs. Soit l’équivalent d’un bois d’un hectare.

Mais ne dites pas à l’architecte que c’est pour faire joli. Premier objectif : contrer le réchauffement global. « Les trois quarts des émissions de CO2 sont produites en ville, or le CO2 est un fertilisant pour les arbres, les forêts absorbent 40% des émissions des combustibles fossiles. Il faut combattre l’ennemi sur son terrain », estime Stefano Boeri. Ce projet permettra d’absorber plus de 5,4 tonnes de CO2. Les plantes atténuent aussi la canicule en été, limitant la climatisation. Deuxième atout : respirer mieux. Les arbres aident à lutter contre la pollution, notamment les microparticules issues du trafic automobile.

  • Utrecht Hawthorn Tower
  • Utrecht Hawthorn Tower
  • Utrecht Hawthorn Tower

La tour d’Utrecht a aussi une dernière ambition : la biodiversité. Il s’agit de « reboiser la ville ». De créer un vrai écosystème à l’échelle d’une forêt : il y aura des oiseaux, des papillons, de petits animaux… « À Milan, quinze espèces d’oiseaux ont nidifié sur les tours : des faucons, des martinets », insiste Stefano Boeri. Et 9.000 coccinelles avaient été déposées sur les façades pour lutter contre les parasites, sans recourir aux pesticides. D’ailleurs, le rez-de-chaussée de la tour d’Utrecht abritera le Vertical Forest Hub, un centre de recherches et d’enseignement sur la reforestation urbaine au niveau mondial.

Pour le reste, le développement comprend également logements, bureaux, salles de fitness, parking pour vélos et espace de détente. Seule frontière : le coût. Les tours de Milan sont des logements de luxe mais cet obstacle n’empêche pas les promoteurs de se lancer dans des plantations plus folles les unes que les autres. Un exemple ? La ville de Liuzhou en Chine devrait accueillir 30.000 habitants, 40.000 arbres et plus d’un million de végétaux variés. Des chiffres qui donnent, eux aussi, le vertige.

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