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Being Urban : l’art de se fondre dans la cité

20/06/2016 Comments (0) Autres, Culture

Being Urban : l’art de se fondre dans la cité

Projet-laboratoire pour stimuler la réflexion autour de l’art en ville, Being Urban vient d’éclore sous la forme d’un bouquin compilant des initiatives pour intégrer les œuvres dans l’espace public. Tour d’horizon en compagnie des 2 directeurs de publication.

La présentation du livre a lieu en plein air sur la place des Martyrs, lieu ô combien symbolique du classicisme artistique au sein de la capitale. Le soleil couchant permet d’admirer ce cimetière méconnu du centre de Bruxelles, métaphore parfaite de ces œuvres qui restent à travers les siècles et nous paraissent évidentes. Pourtant, l’intronisation d’une nouvelle œuvre d’art dans l’espace urbain fait souvent l’objet d’un long et laborieux processus passant par des appels d’offres, des questionnements citoyens et des tergiversations politiques.

Voici quelques mois, un projet a jailli au sein d’un centre d’art bruxellois, l’ISELP (Institut Supérieur pour l’Étude du Langage Plastique), pour analyser, depuis le carrefour de l’an 2000 jusqu’à nos jours, 15 années de reconquête de l’espace urbain par des initiatives artistiques. 6 projets ont ainsi été sélectionnés et décortiqués en images et en textes afin de questionner le rôle de l’art et sa dimension socio-culturelle. Exemples : le porte-voix géant situé sur un des parvis de la Gare du Midi ou le Fantôme de la Cité Administrative, œuvre réalisée par un artiste polonais qui a brisé des fenêtres sur le bâtiment abandonné pour y faire naître une forme de visage.

Deux historiens de l’art, Adrien Grimmeau et Pauline de la Boulaye ont parallèlement lancé plusieurs canaux de réflexion comme une webradio, un centre de documentation, un parlement ouvert, un journal, une cartographie des œuvres et même une borne d’arcade pour rendre le procédé ludique : « Le début du projet a été marqué par les attentats de Paris et dans la foulée par la présence des militaires dans la ville. Cela nous a fortement questionnés et on a voulu proposer différentes structures pour reconquérir ce territoire cassé, abîmé dans lequel plus personne n’osait sortir, à part pour faire ses courses. »

Une ville également marquée par différents chantiers comme ceux des tunnels, du piétonnier ou encore du Musée d’Art Moderne, qui parallèlement aux difficultés entourant le statut d’artiste, posent énormément de questions aux citoyens quant à l’intérêt des dirigeants pour l’embellissement de Bruxelles par de l’art. « Pourtant, constate Pauline de la Boulaye, on constate, depuis le début des années 2000, un afflux constant d’artistes qui délaissent Berlin, Londres ou Paris car les ateliers sont plus abordables chez nous. Il y a aussi comme une impression globale que la ville est figée dans une forme de passé, mais il y a çà et là des œuvres ou des actions, comme l’immense animation nocturne sur le bâtiment ING, qui font un peu bouger les choses. Je dirais plutôt qu’il y a une forme d’anachronisme entre cette vague de nouveaux arrivants et les institutions artistiques. »

Des politiques qui se retrouvent bien souvent avec des dizaines de dossiers sur la table et qui ne savent pas comment les traiter parce qu’ils n’ont pas forcément les compétences. « C’est pour ça qu’ils aiment autant les comités d’experts, mais ça déplace un peu le problème ailleurs conclut Adrien Grimmeau. Les vraies questions sont celles du projet urbain, et du lien entre art et public. » Quant à la place du street art : « c’est parfois une solution de facilité et à moindre coût : à terme, donner des petits budgets pour qu’un graffeur peigne un mur au lieu d’entamer une réelle réflexion d’art public, on peut aussi voir ça comme un nivellement par le bas ; ça peut être contre-productif. »

Being Urban, Adrien Grimmeau, Pauline de la Boulaye, 224 pages, CFC Editions.
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