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Comment Hong Kong lutte contre la crise du logement

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20/04/2018 Comments (0) Architecture, Autres

La ville de demain sera-t-elle souterraine?

Après avoir gagné le ciel, les urbanistes pointent désormais leur compas sous le bitume pour créer de nouveaux espaces dans les profondeurs de la ville. Face au boom démographique, une nouvelle révolution se prépare à Paris, mais aussi à Singapour qui a trouvé la solution: enterrer sa ville.

Il y a un Montréal en surface, mais aussi une ville souterraine reliée par le métro. Sur une trentaine de kilomètres de couloirs, les piétons peuvent se promener, «magasiner à l’abri du frette (froid)», comme disent les Québécois. Chaque jour, 500.000 personnes transitent dans ces galeries animées par la présence de 2.000 commerces. A Helsinki, en Finlande, depuis les années 1960, la municipalité, l’État et des investisseurs privés développent une ville souterraine pour parer à une éventuelle menace de la Russie. Quelque quatre cents tunnels, enfouis de 20 à 80 mètres sous le niveau de la mer forment une ville sous la ville dont l’extension doit se poursuivre jusqu’en 2020. Et si l’urbanisme souterrain était la clé pour décongestionner le trafic et réduire la densité de la ville?

L’avenir urbain de l’humanité n’a rien de réjouissant : en 2030, les villes mondiales pourraient héberger 5 milliards d’habitants, contre 2,6 milliards en 2000. Ce qui promet une expansion au détriment de l’environnement, du confort et de la sécurité. De plus en plus de métropoles songent donc à s’étendre en profondeur plutôt qu’en surface. Les avancées technologiques sont telles que vivre sous terre ne relève plus de l’utopie. On peut y cultiver des légumes, se divertir, consommer, travailler, se déplacer et y habiter. Au passage, on notera les progrès de la fibre optique qui permettent de déplacer la lumière du soleil pour qu’elle apparaisse en second jour dans les lieux aveugles.

Mangroves urbaines

Comme Hong-Kong ou Tokyo, la Ville de Paris a entrepris d’explorer les possibilités d’occuper son sous-sol avec, pour ambition, de créer des réseaux qui connectent ville du dessus et ville du dessous. La future station La Défense sera ainsi installée à 35  mètres sous terre. Un chantier titanesque sensé libérer de l’espace en surface. En parallèle, Paris a aussi lancé un appel à projets, «Les dessous de Paris» (http://www.reinventer.paris/), pour marier sites désaffectés et investisseurs privés. Dans la corbeille: cinq tunnels, trois parcs de stationnement, des réservoirs d’eau, des caves, des gares désaffectées… 219 candidats se sont fait connaître. Leurs propositions: des cafés, des incubateurs de start-up, des commerces, de l’agriculture souterraine…

Pour l’heure, aucun logement n’a encore été construit en sous-sol, mais avec la raréfaction du foncier, Singapour investit aussi ses sous-sols pour des commerces, des espaces culturels, ses stocks militaires et des structures logistiques de marchandises. La cité-État a récemment investi la somme de 188 millions de dollars en R&D pour développer cette forme d’urbanisme. Et depuis peu, tout nouveau projet de bâti doit d’abord y être envisagé comme souterrain. Reste à donner envie aux citadins de passer une partie de leur vie dans des sous-sols, qui, bien souvent, ne brillent pas par leur attrait. Pour tous les architectes, une seule réponse: fausser notre perception, nous donner l’impression de ne pas être enfermés, en fabriquant des ambiances – même celle, fantasmatique, d’une caverne protectrice et pleine de vie.

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