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Les téléphériques sont-ils les métros de demain?

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La ville de demain sera-t-elle souterraine?

Enfant dans la ville

19/04/2018 Comments (0) Autres

Les enfants dans la ville: un indicateur de la ville pour tous?

Aujourd’hui, 70% à 80% des enfants européens sont citadins mais une simple balade dans la ville permet de se rendre compte que l’univers urbain n’est pas systématiquement adapté aux bambins. Des aires de jeu au mobilier urbain, comment les villes peuvent-elles devenir plus «kids friendly»?

Sacré Le Corbusier! Sous son impulsion, en 1933, le Congrès international d’architecture moderne (CIAM) aboutit à la Charte d’Athènes. Un texte fondateur qui envisage la ville comme «fonctionnelle» et prévoit des secteurs distincts pour loger, travailler, se divertir et se déplacer. Dans ce texte fondamental, Le Corbusier pense notamment à la sécurité et à l’optimisation de l’espace pour encadrer les enfants. Six décennies plus tard, ses idées n’ont pas trouvé l’écho escompté: trois quarts des enfants européens sont citadins, mais la ville n’est toujours pas adaptée à leurs besoins.

Les marches et trottoirs sont hauts, les bancs et espaces calmes sont rares. Et dans certains quartiers, les aires de jeu restent limitées et souvent peu ludiques. Pour le philosophe de l’urbain Thierry Paquot, auteur d’un ouvrage collectif sur La Ville récréative (éditions Infolio), l’enfant piéton est le grand oublié des villes. «Les enfants de 6-13 ans sont des marcheurs qui appréhendent la ville autrement que les adultes», explique-t-il. Menant une étude sur le sujet, Thierry Paquot a eu l’idée de poser une caméra sur le sommet de la tête d’une petite fille de 5 ans et de filmer ainsi la ville à hauteur d’enfant. Le constat est sans appel. «Les villes sont aujourd’hui dessinées afin d’être rationnelles, fonctionnelles. Elles sont destinées à la voiture. Aucun décideur ne se fixe comme priorité que la ville soit poétique ou ludique. Cette attente est pourtant celle des enfants», estime le professeur émérite à l’Institut d’urbanisme de Paris.

L’exemple danois

Rendre la ville plus accueillante pour les enfants est-il possible? Selon Thierry Paquot, la ville «kids friendly» idéale serait avant tout une ville «sensible», où l’on pourrait se croiser, discuter entre les générations. Il s’agirait aussi d’une ville lente, où la circulation serait limitée à 30 km/h. Des parcours pour les enfants piétons seraient aussi créés. Ces itinéraires sécurisés seraient fléchés ou balisés au sol.

Mais c’est au Danemark, que les architectes des bureaux Cobe Nord et PK3, ainsi que la société Grontmij, ont été les premiers à plancher sur la conception d’un quartier entièrement pensé pour les enfants. Le «Prinsessegade Kindergarten Youth Center», qui a vu le jour en 2016, a été bâti au cœur de Copenhague entre deux avenues majeures. Près de 710 bambins peuvent y évoluer à leur guise dans de petites maisons, des parcs, un stade couvert de panneaux solaires, mais aussi un restaurant avec un jardin sur le toit. Comme Copenhague, cette «ville pour enfants» a son propre hôtel de ville, sa bibliothèque et son musée. L’objectif d’un tel projet, qui dépasse de loin celui d’un parc d’attraction du type Legoland, est de «donner les outils et équipements nécessaires aux enfants pour qu’ils puissent appréhender la ville à leur manière et en parfaite autonomie», résument les concepteurs. Il faut dire qu’en 2025, Copenhague comptera 90.000 habitants de plus que ses 510.000 actuels, dont 22.000 auront moins de 18 ans.

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