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Une ville tiendrait-elle debout sans habitants ?

Une ville sous-marine autonome en énergie

Le Molenbeek, ce ruisseau zinneke qui embellit Bruxelles

Le Molenbeek, ce ruisseau zinneke qui embellit Bruxelles

11/11/2016 Comments (0) Architecture, Autres, Environnement, Technologie

Une ville tiendrait-elle debout sans habitants ?

Dans The World Without Us, le journaliste américain Alan Weisman mène une enquête étonnante : que deviendrait la planète terre si l’espèce humaine venait à disparaître subitement ? En filigrane, son ouvrage apporte un regard nouveau sur l’urbanisme et l’architecture : celui d’une lutte contre la nature vouée à l’échec.

A partir d’une hypothèse théorique qui tient a priori de la science fiction – comment réagirait la nature en cas d’extinction de l’espèce humaine ? – Alan Weisman traverse les disciplines scientifiques (architecture, géographie, démographie, océanographie, etc.) pour étudier l’impact réel de notre présence sur terre. De fil en aiguille, il dresse un bilan peu réjouissant de notre civilisation pour en arriver finalement à la conclusion inévitable que notre planète – en ce compris la faune et la flore – se porterait beaucoup mieux après notre disparition. Voilà pour les aspects philosophiques, voire métaphysiques.

Néanmoins, en se demandant combien d’années nos constructions pourraient nous survivre, l’auteur apporte un regard frais sur l’essence-même du développement urbain et de l’architecture. Ainsi, sans aucune activité humaine, il suffirait de quelques jours pour qu’une ville comme New York se retrouve complètement inondée. En effet, sans intervention humaine, les systèmes qui pompent l’eau pour permettre le passage du métro s’arrêteraient en quelques jours et noieraient complètement la ville. Plus étonnant encore : l’arrêt soudain du trafic automobile fragiliserait les routes et les ponts. Le passage de milliers de véhicules chaque jour sur un pont a pour effet de balayer naturellement les millions de spores et de graines qui se posent sur le bitume. Sans circulation, ceux-ci s’immiscent dans les failles du béton qui finit par craquer et se soulever sous la force des plantes qui poussent dans ses fissures. Il en va de même pour les immeubles, qui seraient rapidement pris d’assaut par toutes sortes d’espèces animales et végétales, avant de s’écrouler sous les effets dévastateurs de ces nouveaux colonisateurs.

From dust to dust

Le livre poursuit sa démonstration à travers les exemples des centrales nucléaires et des plateformes de forage pétrolier qui, toutes, exploseraient les unes après les autres en l’absence d’intervention humaine. Les systèmes de sécurité automatique ne sont en effet pas conçus pour fonctionner indéfiniment de manière autonome. Conclusion de Weisman et des nombreux scientifiques qu’il a interrogés à ce sujet : la pérennité de toutes nos constructions est intrinsèquement dépendante de l’usage que nous en faisons. Sans présence humaine, celles-ci s’effondreraient l’une après l’autre.

Après la lecture de The World Without Us, on est donc forcé de poser un regard nouveau sur toutes nos infrastructures : celui d’une démarche de résistance perpétuelle contre le mouvement inébranlable de la nature qui n’a de cesse de reprendre ses droits. Même les gestes quotidiens les plus élémentaires (passer l’aspirateur, tondre la pelouse, nettoyer la terrasse) s’analysent sous cet angle. Sans ces gestes, nous perdrions rapidement le contrôle de nos maisons. Il en va de même de nos bâtiments, de nos autoroutes, de nos usines, de nos stations d’épuration, de nos gares, de nos aéroports, etc.

L’ouvrage de Weisman ne s’arrête pas aux questions liées à l’urbanisme et à l’architecture. Il soulève également de nombreuses autres questions par rapport à l’état de nos océans, notre cohabitation avec d’autres espèces, les mouvements migratoires, l’alimentation, la surconsommation, la production de déchets, etc.

Parfois assez dense dans ses descriptions de réactions chimiques en chaîne qui amèneraient à tel ou tel phénomène, The World Without Us n’en demeure pas moins une lecture absolument indispensable pour tout citoyen qui s’interroge sur notre place sur terre et, par extension, sur la manière dont nos villes se construisent en harmonie (ou pas) avec la nature.

Plus d’informations sur le travail d’Alan Weisman : http://www.worldwithoutus.com/

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