MENU

Londres transforme ses lampadaires en bornes de recharge électriques

Quand le mobilier urbain absorbe la pollution

26/07/2017 Comments (0) Views: 83 Environnement

Comment les villes s’adaptent à la montée des températures

Dans les villes, les surfaces asphaltées interceptent les rayons du soleil et emmagasinent la chaleur. Résultat: la température des villes les plus peuplées pourrait croître de 8 °C d’ici à 2100. Zoom sur les solutions les plus innovantes.

Elles ne représentent qu’1 % de la surface de la planète, mais consomment environ 78 % de l’énergie mondiale et produisent plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre issues des énergies fossiles (gaz, charbon, pétrole). Véritables gouffres énergétiques, les grandes villes ont aussi leur part de responsabilité dans le réchauffement climatique. Selon une étude parue dans Nature Climate Change, elles pourraient même gagner 7 °C supplémentaires, voire 8 °C, d’ici 2100.

Ce bond de 5 °C serait à attribuer au réchauffement mondial, mais le reste serait imputable à la densification urbaine et plus particulièrement au phénomène dit des îlots de chaleur urbains. Plus les rues ont la forme d’un canyon urbain, c’est-à-dire étroites et bordées de hauts murs, plus la chaleur a du mal à se dissiper. Et plus le bâti est élevé, plus la chaleur de la canopée urbaine est piégée par une couche d’air frais qui se forme sur les toits des édifices.

Ce sont ces îlots qui rendent les villes plus chaudes que leurs abords et y accentuent encore canicules et vagues de chaleur, avec à la clé davantage de risques sanitaires, un air plus pollué, une moindre qualité de l’eau et davantage d’énergie dépensée pour refroidir les bâtiments. Dès lors, toute mesure permettant d’agir contre ces îlots de chaleur compte. Et heureusement, plus la température monte, et plus urbanistes, architectes et ingénieurs font preuve de créativité.

Rafraîchir les villes

Dans plusieurs villes américaines, les autorités ont ainsi décidé de jouer sur le pouvoir réfléchissant des revêtements des sols et des toits, c’est-à-dire l’albédo. À Brooklyn, des dizaines de toits ont ainsi été repeints en blanc pour en augmenter le pouvoir réfléchissant (de 20 % à 85 %), avec pour effet une baisse de la température moyenne à l’intérieur du bâti de 46 °C à 26 °C, quand la température extérieure est de 32 °C. Dans le même esprit, à Los Angeles, les autorités ont décidé de changer le revêtement de la Jordan Avenue – l’une des zones les plus chaudes de la cité – en optant pour un matériau blanc réfléchissant en lieu de l’asphalte classique. Résultat: en plein soleil, la température au sol y baisse en moyenne de 10 °C.

Depuis 2003, la ville de Tokyo a renoué avec une tradition ancestrale, celle de l’«arrosage de trottoirs», connue sous le terme de Uchimizu. Pour faire baisser la température des rues, la mégalopole japonaise incite les habitants à conserver l’eau de pluie pour la répandre sur l’asphalte pendant les périodes de chaleur. À Lyon, ce système a été automatisé, et se déclenche à partir des enregistrements de capteurs situés à quelques mètres du sol. Résultat: le bitume reste à la température de l’air au lieu d’être 5 à 8 °C plus chaud lorsqu’il n’est pas arrosé.

Mais en ville, le meilleur instrument de lutte contre les chaleurs reste les arbres. Puissants régulateurs de température, ils émettent dans l’air de la vapeur d’eau. Ainsi, à Taïwan, ville polluée où le climat subtropical incite les citadins à préférer les espaces intérieurs climatisés, des éco-parcs ont été créés avec des dispositifs plus végétaux que technologiques. Les urbanistes ont réussi à générer des «micros climats» proposés en fonction des activités: un parcours familial «moins pollué», un parcours sportif «plus sec» et un parcours détente «plus frais». L’objectif: inciter les citadins à débrancher la climatisation, à sortir de leur logis et faire ainsi baisser d’un ou deux degrés la température dans la ville.

Partagez cet article :

Tags: , , , ,

Leave a Reply