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12/08/2019 Comments (0) Environnement, Mobilité

Cinq exemples de grandes villes qui veulent bannir les voitures

Un tiers des émissions de gaz à effet de serre provient des transports dans les grandes villes du monde. Oslo, Londres, Ljubljana, Barcelone et Bruxelles mènent le combat contre les voitures.

D’ici à 2050, plus des deux tiers de la population mondiale vivront en ville, dont un grand nombre dans des mégapoles de plus de 10 millions d’habitants. Comment nous organiserons-nous alors pour circuler ? Congestion, contamination de l’air, croissance démographique… Au bord de l’asphyxie, de plus en plus d’agglomérations cherchent à limiter la circulation automobile, voire à bannir les voitures. À commencer par les plus polluantes. Mais comment rendre efficaces des mesures qui a priori passent mal ? Tour d’horizon des idées adoptées par cinq grandes villes européennes pour lutter contre la pollution automobile et transformer les modes de déplacement sur leur territoire.

 

Ljubljana, la sérénissime

Depuis une dizaine d’années, dans la capitale slovène, difficile de voir autre chose que des vélos, des bus et des piétons. Signé en 2007, le plan Ljubljana Vision 2025 vise à adopter une stratégie de mobilité durable qui mise surtout sur les mobilités « douces », ce qui a nettement encouragé la ville a progressivement bannir les véhicules motorisés, excepté bus, taxis et véhicules de livraison. Résultat : une pollution sonore réduite de six décibels et une diminution d’émissions de gaz à effets de serre de 70%. Avantage : en raison de la dimension réduite de la capitale slovène, presque tous ses lieux emblématiques se visitent aisément à pieds.

 

Oslo, la capitale piétonne

À l’ombre de son imposante voisine suédoise Stockholm, Oslo s’affirme par son identité engagée et déborde de créativité. Propre et verte, Oslo a en outre l’avantage d’être petite, ce qui la rend idéale à visiter à pied. Son centre historique tient dans un mouchoir de poche. C’est cette portion de la ville que la municipalité est en train de débarrasser des voitures. Depuis 2018, plus de 760 places de parking public ont été supprimées et une à une, les rues sont interdites aux voitures pour privilégier les piétons et les transports doux (vélos, trottinettes, etc.). Pour vaincre les résistances des habitants, la municipalité a aussi mis l’accent sur le bien vivre : la « purge » des voitures a donné naissance à des pistes cyclables élargies, des terrasses, des espaces verts, des aires de jeux…

 

Londres : rendre le centre aux piétons

Tout urbaniste veut éviter le “problème Oxford Street”. Cette célèbre rue commerçante de Londres longue de 1,9 kilomètre est régulièrement embouteillée. Les bus y progressent à peine plus vite qu’un piéton, en crachant au passage l’une des plus fortes concentrations de dioxyde d’azote du monde. Plus les villes s’agrandissent, plus elles ralentissent. Malgré un abandon massif des voitures individuelles, la vitesse de déplacement moyenne dans le centre de Londres était officiellement de 11 km/h au premier trimestre 2017-2018. Les difficultés pour transporter près de 9 millions de personnes demeurent considérables. Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est donc fixé un objectif : que 80 % des déplacements au sein du Grand Londres soient faits à pied, à vélo ou en transports publics d’ici à 2041, contre 63% aujourd’hui. Comment y parvenir ? D’abord, une zone payante de 15 euros par jour pour les véhicules polluants (notamment les diesels anciens) a été mise en place en avril au centre-ville, et elle sera élargie en 2021. Ensuite, d’importantes pistes cyclables ont été construites. Enfin, Crossrail, sorte de nouvelle ligne de RER d’est en ouest, va ouvrir en 2020, et une autre ligne nord-sud est à l’étude.

Bruxelles : rendre la ville aux habitants

En 2015, Yvan Mayeur, le bourgmestre PS de Bruxelles-Ville, a osé ce que personne n’avait osé auparavant : instaurer une vaste zone piétonne au cœur de sa ville. Ce projet lui a coûté sa carrière. Mais depuis, le centre-ville respire mieux. Exit l’autoroute urbaine entre la gare du Nord et la gare du Midi. Depuis, les autorités locales ont décidé de réduire à 30 km/h la vitesse autorisée à l’horizon 2021, une mesure visant à encourager les déplacements “propres”, en deux roues ou à pied. Interdire la voiture ? La région préfère opérer par étapes, en instaurant une zone de basse émission fermée progressivement aux vieux véhicules au diesel. Philippe Close (PS), le bourgmestre actuel, appelle en parallèle « une réappropriation de l’espace public» : routes rétrécies, créations de places arborées et d’espaces verts. De quoi créer créer de vrais quartiers de vie.

 

Barcelone : des « supermanzanas » pour décourager les véhicules

En quatre ans, Barcelone a créé cinq « supermanzanas ». Des « super-îlots » à l’intérieur desquels la circulation est limitée aux seuls véhicules autorisés (transports publics, riverains, urgences, etc.) et où la vitesse est réduite à 10 kilomètres par heure. Objectif : démoraliser les conducteurs automobiles. La première, située dans le quartier populaire de Poble Nou et inaugurée en 2016, a permis de regagner 25 000 mètres carrés de superficie d’espace public, pris aux voitures. Selon la mairie, deux ans plus tard, le nombre de commerces en rez-de-chaussée a augmenté de 30% et la circulation à l’intérieur du super-îlot a chuté de près de 60%. L’objectif des supermanzanas est aussi de contribuer à la réduction de 45 % des émissions de CO2 en 2030 à laquelle s’est engagée la municipalité. Récemment, trois nouveaux projets de super-îlots ont été lancés en plein cœur de la ville, dans les quartiers de l’Eixample et de Sant Gervasi.

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