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Les villes privées, nouvelle utopie du XXIe siècle?

Les jeunes veulent une habitation plus confortable et plus...

Le Brabant wallon a besoin de 30.000 nouveaux logements

Le Brabant wallon a besoin de 30.000 nouveaux logements

16/03/2017 Comments (0) Autres, Immobilier

Les villes privées, nouvelle utopie du XXIe siècle?

En 2015, les employés de Facebook ont déménagé dans de nouveaux locaux signés Frank Gehry, concepteur du musée Guggenheim en Espagne. Avec cette extension de campus, située à Menlo Park, le réseau social se félicitait de s’installer dans le «plus grand bureau ouvert au monde», un vaste immeuble composé d’une seule pièce de 40.000 mètres carrés. Mais sur ce même site, Facebook achève un chantier de 80 hectares: Zee Town. Une «ville privée» dédiée à ses 10.000 salariés, avec supermarchés, hôtels, villas et même dortoirs pour les stagiaires du groupe.

Le fondateur du réseau social n’est pas le seul à remettre au goût du jour une forme de paternalisme 3.0. Amazon est en plein chantier, à Seattle, pour construire trois gigantesques sphères en verre. Le futur siège de Google, lui aussi, mise sur «l’utopie de verre»: des dômes translucides, pensés pour être reconfigurables au gré des tâches et des innovations. Dessinés respectivement par le Danois Bjarke Ingels et le designer britannique Thomas Heatherwick, le Googleplex esquisse une nouvelle forme d’organisation du travail. L’employé doit avoir le sentiment qu’il est plus qu’un salarié, qu’il s’épanouit personnellement en même temps qu’il œuvre à la croissance de l’entreprise, qu’il participe à quelque chose de plus grand que lui.

Même tendance avec le «vaisseau spatial» d’Apple, imaginé par Norman Foster. Destiné à devenir le tout nouveau siège d’Apple, ce mégacomplexe situé à Cupertino sera inauguré en avril prochain. Avec un bâtiment central en forme d’anneau futuriste, habillé de verre incurvé, ce campus futuriste de 260.000 mètres carrés – officiellement baptisé «Apple Park» – accueillera bientôt plus de 12.000 employés d’Apple. Mais passé «l’acte architectural», le lieu renvoie aussi aux valeurs isolationnistes des campus universitaires, voire à la planification sociale des villes-entreprises.

Boom de villes privées en Inde

Très courante au début du XXe siècle, la ville-entreprise est remise au goût du jour par les géants de la Silicon Valley. Mais c’est dans les pays émergents, en Inde ou en Arabie saoudite, que se construisent les programmes les plus ambitieux de villes entièrement gérées par le secteur privé. L’Inde compte 4.000 zones franches dont une partie deviendront des villes privées. Parmi les exemples récents, Magarpatta City, une enclave sécurisée pour privilégiés, située à Pune, à une centaine de kilomètres de Bombay. Entièrement privatisé, le complexe de 160 hectares a été conçu pour héberger les 35.000 employés des entreprises informatiques implantées dans la Cybercity. Un peu plus loin, à 200 kilomètres au sud-est de Bombay, le consortium HCC s’est lancé il y a dix ans dans la construction d’une ville de 100 kilomètres carrés, Lavasa. Le projet, dont l’ampleur dépasse, de très loin, les rêves d’Apple ou de Facebook, a fait naître dans les montagnes indiennes d’étranges immeubles d’inspiration italienne. À terme, Lavasa doit héberger plus de 200.000 habitants. Et face à une poussée démographique sans précédents, 24 nouvelles villes de ce type pourraient voir le jour dans le corridor industriel entre New Delhi et Bombay, ainsi qu’un futur centre financier international, le Gujarat International Finance Tec-City.

En Arabie saoudite, la King Abdullah Economic City (Kaec) vise près de 2 millions d’habitants d’ici à 2035. Dans le cas de Kaec, un partenariat public-privé a été conclu entre le gouvernement saoudien et un groupe immobilier de Dubaï, Emaar Properties. Les habitants n’y paient pas de taxes, mais des «frais de services» pour la sécurité, l’eau ou la collecte des déchets, qui sont sous-traitées à différents entrepreneurs. Summum de cette nouvelle utopie: la ville n’a même plus de maire. Elle est gouvernée par le PDG d’Emaar Economic City (EEC), Fahd Al Rasheed.

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