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Comment les villes s’adaptent à la montée des températures

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23/08/2017 Comments (0) Views: 155 Environnement

Quand le mobilier urbain absorbe la pollution

Seize mètres carrés de verdure, un banc et un réservoir: c’est le dispositif du «City Tree». Un mobilier urbain qui filtre autant de CO2 qu’une petite forêt.

Lutter contre la pollution de l’air au travers du mobilier urbain? Parmi les nombreuses initiatives en la matière, la société allemande «City Tree» propose un banc public doté d’un panneau absorbant. La formule magique: une mousse végétale posée sur sa paroi, qui présente des capacités d’absorption de dioxyde d’azote équivalente à 275 arbres… Soit plus de 2 terrains de football ou, de manière encore plus concrète, 250 grammes de particules absorbées par jour.

Comme de nombreux éléments de la nature, le City Tree fonctionne sur un mode circulaire. Des bactéries, présentes à la surface de la mousse, attirent les particules de matière polluées et les absorbent par photosynthèse. Après cette ingestion, les bactéries meurent et servent elles-mêmes de nourriture à la mousse. La pollution devient finalement une source nutritive. À l’heure où les arbres se font de plus en plus rares et la pollution de plus en plus présente, cette invention permet de stocker jusqu’à 240 tonnes de CO2 par an.

Outre son rôle de dépolluant, le City Tree est aussi un comprimé de haute technologie. Non seulement il peut offrir un point d’accès Wi-Fi ou une station de recharge électrique, mais derrière ses deux bancs publics, il cache surtout un réservoir de 1000 litres d’eau, alimenté par la pluie. Un panneau solaire fournit des capteurs qui mesurent le degré d’humidité de l’air. Et en cas de sécheresse, ils actionnent eux-mêmes la pompe qui répartit l’eau dans la multitude de petits plants. Cette invention permet aussi de surveiller les conditions météorologiques telles que la qualité de l’eau, la température et l’humidité ambiante. Cerise sur le gâteau, elle peut même diminuer la température à cinq mètres aux alentours et ainsi combattre les îlots de chaleur urbains.

Minéraliser la ville

Dans la pratique, les qualités du mur sont avérées. Dans les villes qui l’expérimentent – Paris, Berlin, Oslo –, l’air est nettoyé de son dioxyde d’azote d’au moins 15%. Mais il y a un souci: au stade pilote, le mur végétal souffre encore d’un petit problème d’irrigation. À Bruxelles, où un City Tree a été installé sur le Mont des Arts, les plantes semblent ainsi se dessécher. «Vu les fortes chaleurs que la Belgique a connues cet été, l’envoi d’eau de la cuve n’était pas suffisant. Nous avons donc demandé à la société qui nous a fourni le City Tree, Green City Solutions, d’augmenter la fréquence d’irrigation», explique Arnaud Bastogne, responsable énergie à la Ville de Bruxelles.

Engagée dans un ambitieux «Plan Climat», la capitale belge donne trois mois à ce mobilier intelligent pour faire ses preuves. Après ce délai, un bilan sera établi grâce aux capteurs présents dans le mur végétal. S’il convainc, le système imaginé par l’entreprise allemande pourrait s’implanter dans les quartiers les moins minéralisés de la Ville. Le Piétonnier du centre est clairement dans le viseur, car le passage du métro empêche d’y planter des arbres et ne permet la verdurisation qu’au prix de lourds investissements. Mais d’aucuns remettent déjà en doute l’efficacité du mobilier, car dans un pays où la pollution tue 13.000 personnes par an, mieux vaut combattre directement les sources plutôt que de guérir a posteriori.

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