MENU
L’Hyperloop déjà opérationnel en 2018 ?

L’Hyperloop déjà opérationnel en 2018 ?

Le ferroutage : une utopie européenne ?

Le ferroutage : une utopie européenne ?

Thierry van Kan

18/04/2016 Comments (0) Mobilité

Thierry van Kan (FEBIAC) : « Le transport multimodal ne va pas sacrifier la mobilité individuelle »

Président du Conseil d’administration de la fédération de l’industrie automobile (FEBIAC), Thierry van Kan expose sa vision de la mobilité de demain. Il est catégorique : la ville et la voiture ne sont pas incompatibles, à condition de pouvoir s’appuyer sur une vision globale de la mobilité.

De plus en plus de grandes villes revoient leur approche de la mobilité et sortent du modèle « tout à la voiture » hérité des années 60. Quelle y sera encore la place de la voiture ?

« On observe actuellement un phénomène de migration vers les villes, qui vont devenir de très grandes villes. Dans ce contexte, la tendance en matière de mobilité consiste à privilégier le transport multi-modal, dans lequel on abandonnera définitivement le tout à la voiture, mais sans sacrifier la mobilité individuelle pour autant. Les voitures auront toujours leur place en ville. La vraie question est de savoir quelles voitures les pouvoirs publics veulent voir dans l’espace urbain. Je pense qu’on évoluera vers des véhicules plus petits et forcément moins polluants. Mais il faudra légiférer en la matière. On va aussi évoluer vers d’autres usages, comme par exemple la voiture partagée et dans un avenir plus lointain , la voiture autonome. »

La voiture partagée n’est-elle pas une menace pour l’industrie automobile qui risque de voir ses ventes chuter ?

« Pas du tout. La situation est semblable à celle du marché de la location de voitures. Or, celui-ci représente déjà 10% de la production automobile en Europe et aux Etats-Unis. La voiture partagée n’est qu’une extrapolation du marché locatif. Pour l’instant, ce marché se concentre principalement sur des petits véhicules. A l’avenir, l’offre va s’étendre à d’autres véhicules comme des minibus partagés ( et même autonome) par exemple. »

Où se situe la Belgique par rapport à l’utilisation de véhicules propres ? On a l’impression que les ventes de voitures électriques peinent à décoller chez nous.

« Notre pays est clairement à la traîne par rapport à ses voisins européens. Mais est-ce tellement grave ? Aujourd’hui, la voiture électrique reste chère et n’offre qu’une faible autonomie. La technologie n’est pas encore au point et je peux comprendre les hésitations. Par ailleurs, un autre souci reste l’absence de vision politique. Si aujourd’hui, les pouvoirs publics donnaient clairement le signal que la Belgique va encourager concrètement l’usage de voitures électriques en ville, les électriciens se bousculeront pour installer (à leur coût) des bornes de recharge. Mais ce signal se fait encore attendre. »

Il n’y a pas d’alternative à la voiture électrique ?

« Selon moi, les voitures écologiques qui existent aujourd’hui ne sont encore que des solutions intermédiaires. La vraie voiture électrique sera un véhicule qui ne devra plus être rechargé en plusieurs heures. La voiture de demain utilisera des piles à combustibles et roulera à l’hydrogène. »

Les nouvelles technologies impliquent de nouveaux besoins en infrastructures ?

« Evidemment. Il faut déjà anticiper aujourd’hui les besoins qui ne se matérialiseront que dans 10 ou 15 ans. En parallèle, nous n’échapperons pas à un vaste débat sur l’organisation de l’espace public. Quel est le meilleur emplacement pour les espaces de bureaux ? Comment organiser au mieux la mixité entre logement et espaces professionnels ? C’est un chantier immense et très complexe. »

L’industrie automobile est-elle consultée lors de ces réflexions ?

« Absolument et nous souhaitons contribuer activement à une meilleure mobilité. Nous défendons depuis 20 ans une mobilité multi-modale. Il est de bon ton de mettre en doute la légitimité du secteur automobile dans le débat sur la mobilité. Pourtant, nous avons tout à gagner d’une amélioration de la situation. La mobilité qui se détériore reste le pire ennemi de l’industrie automobile, parce que les usagers n’investissent plus dans leur voiture. Pourquoi acheter un nouveau véhicule si c’est pour rester coincé dans des files interminables ? »

Quels sont les points sur lesquels vous souhaitez attirer l’attention pour améliorer l’offre de mobilité ?

« Notre vision est celle de l’intermodalité. Pour mettre en place ce modèle, il faut investir dans des infrastructures de parkings, en ville, à l’entrée des centres urbains mais également aux points de départ des transports en commun. Aujourd’hui, notre parc automobile augmente de 50.000 véhicules par an. Si on compte un encombrement de 5 mètres par véhicule, cela représente 250 kilomètres de places de parking à créer chaque année. On est loin du compte. Or un véhicule qui tourne pour trouver une place de parking contribue aux embouteillages. »

Photo © DR/FEBIAC
Partagez cet article :

Tags: , , ,

Leave a Reply