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26/12/2019 Comments (0) Architecture, Autres, Culture

Kazuyo Sejima : l’essence du secret

Le Louvre-Lens, le New Museum à New York, le Rolex Learning Center à Lausanne… En quelques années, l’architecte japonaise de 62 ans a imposé un style à son image : minimal et mystérieux. En 2020, elle inaugurera l’une de ses réalisations majeures, la réinvention de la Samaritaine, à Paris.

Les concepteurs nippons ont la cote en Europe et font naître une nouvelle typologie de bâtiments, tout en légèreté et en transparence. Parmi les architectes japonais les plus cotés, Kazuyo Sejima, prix Pritzker 2010, codirige le bureau Sanaa, l’un des plus dynamiques et performants de notre décennie.

Sa signature ? Des structures décalées, épurées, minimalistes, presque hors du temps. Née à Mito, elle passe par la Japan Women’s University avant d’intégrer l’agence du célèbre architecte Tokyo Ito. En 1987, elle cofonde l’agence Sanaa avec Ryue Nishizawa et enchaîne des projets faramineux tels que le Museum of Contemporary Art, à New York, le Rolex Learning Center, à Lausanne, ou encore le magasin Dior dans le quartier d’Omotesando, à Tokyo.

On lui doit notamment le Louvre-Lens de Sanaa, aux parois qui semblent se dématérialiser au profit des œuvres exposées dans la grande salle. Pour accueillir les collections, l’architecte japonaise a conçu cinq bâtiments (28 000 m² au total) tout en lumière et transparence, pour se confondre avec le ciel et le paysage de cet ancien bassin minier. C’est elle aussi qui a dessiné pour le grand magasin La Samaritaine, à rénover, une façade ondulante qui fait polémique, mais marque un repère incontestable dans le centre de Paris.

Commandé par le premier groupe de luxe au monde, LVMH, le nouveau rideau de verre de 25 m de haut de la Samaritaine se dévoile, reprenant le rythme de la façade existante à travers des ondulations correspondant à ses trames. Fixés par des consoles en acier inox à quatre points, les vitrages ont été fabriqués avec une impression miroir continue, et deviennent le support d’un spectacle inédit, celui d’une rue de Rivoli anamorphosée. Derrière le voile, un bâtiment qui cache des bureaux, une crèche, des logements sociaux et des commerces. L’illusion est parfaite et relève du génie.

  • La Samaritaine © Salem Mostefaoui
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou
  • La Samaritaine © Salem Mostefaou

Un projet tenu secret

La “Samar”, c’est un complexe de 70.000 m2, la taille du Centre Pompidou. Un projet difficile, car il mélange rénovation des structures anciennes, pour la plupart classées aux Monuments historiques, notamment celles de la verrière Jourdain ou l’extension Sauvage, côté Seine, et constructions d’espaces neufs, telle la façade contemporaine créée par Sanaa. Un projet dont les détails ont été tenus très secrets pendant des mois, notamment en raison de la concurrence. En effet, à quelques centaines de mètres de là, son compatriote Tadao Ando réinvente la Bourse du commerce pour accueillir la collection de François Pinault*, frère ennemi de Bernard Arnault (LVMH).

Désormais, le modèle japonais, puisant ses racines contemporaines dans les nôtres, s’impose donc comme un must. Parce que c’est un art de bâtir dédié à la vie, à la renaissance et à l’énergie. L’architecture, au Japon, est faite par l’homme, pour l’homme dans son temps de vie. Et c’est cela finalement la grande leçon de modestie que nous dicte le Japon.

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